la fatigue décisionnelle

La fatigue décisionnelle, comment la combattre pour faire de meilleurs choix ?

Est-ce que vous vous retrouvez souvent devant votre placard de vêtements (qui n’est clairement pas vide du tout !) à vous dire « mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir mettre » ? Ou à vouloir perdre du poids mais craquer tout de même après une journée de travail compliquée pour un paquet de bonbons ? Ou encore à être épuisée à l’idée de devoir choisir qu’est-ce qu’on mange le soir en rentrant du travail ?

Tout ça s’explique par la fatigue décisionnelle ! Ce phénomène a été découvert assez récemment, à la fin des années 1990 par deux chercheurs : Roy Baumiester et John Tierday. Ils ont démontré que la volonté, à l’image d’un muscle, pouvait se fatiguer au fur et à mesure de la journée et des décisions prises.

Regardons un peu plus en détail ce que c’est que cette fameuse fatigue décisionnelle, comment elle influence nos choix et surtout comment la combattre pour faire de meilleurs choix.

La fatigue décisionnelle, qu’est-ce que c’est ?

Dès le moment où vous vous réveillez jusqu’à ce que vous alliez vous coucher, vous prenez énormément de décisions dans la journée. Que ce soit décider comment vous habiller, quoi manger, prendre un café ou non, s’asseoir ou pas dans le bus, répondre ou pas à ce mail, acheter les tomates grappes ou rondes etc.  Le nombre de choix qu’on fait est impressionnant quand on y réfléchit.

Le problème c’est que chaque choix vous demande un petit peu de volonté et de maîtrise de soi et cette volonté s’épuise au fur et à mesure de la journée. C’est un peu comme un muscle qui se fatigue à chaque fois qu’il est sollicité jusqu’à arriver à épuisement. On appelle ça la fatigue décisionnelle.

Une découverte récente

La fatigue décisionnelle est un phénomène découvert il y a peu car cela ne fait pas si longtemps que nous avons autant de choix à notre disposition. Du temps de nos grand-parents, il n’y avait pas 500 chaines de télévision, 50 marques de chaussures ou même 25 saveurs de chips différentes parmi lesquels faire nos choix.

Aujourd’hui, entre la variété de produits dans les supermarchés et les magasins, le nombre grandissant de possibilités de distractions, qui se sont décuplées avec l’arrivée d’internet, nous sommes confrontés à chaque instant à des choix.

Ces choix ne sont pas forcément des décisions existentielles qui vont changer votre vie (croissant ou pain au chocolat, telle est la question ? 🙂 ) mais chacune de ces petites décisions vont accentuer votre fatigue décisionnelle au fur et à mesure de la journée.

Pourquoi la fatigue décisionnelle influence nos choix ?

On pourrait croire qu’avoir l’embarras du choix est une bonne chose pour nous. Plus de choix, plus de possibilités donc plus de chance d’obtenir ce qu’on veut. Mais en réalité, trop de choix nous paralyse.

L’expérience de la confiture

La fatigue décisionnelle, comment la combattre pour faire de meilleurs choix ?

C’est ce qui a été prouvé par une expérience réalisée par des chercheurs de Stanford. Ils se sont installés un samedi dans un magasin en proposant une dégustation de 24 confitures différentes. Le samedi suivant, ils ont réitéré l’expérience en ne proposant que 6 confitures à déguster.

Les résultats sont sans appel : Même si le stand avec les 24 confitures a attiré plus de clients (les gens préfèrent avoir plus de choix), ils testaient uniquement une ou deux confitures comme sur le stand de 6 confitures. Et surtout, lorsqu’ils devaient choisir d’acheter ou non, les clients face aux 24 pots se sont retrouvé paralysé par tout ce choix et seuls 3% d’entre eux ont réussi à se décider à acheter un pot. En revanche, les clients qui n’avaient le choix qu’entre les 6 pots de confiture ont été 30% à repartir avec un pot acheté. 10 fois plus de personnes se sont donc décidés à acheter lorsqu’ils avaient moins de choix à faire ! Les chercheurs en ont tiré la théorie de la « surcharge de choix ».

Plus de choix, plus de décisions et moins de volonté

De façon générale, plus on a de choix et plus on a de décision à prendre, ce qui affaiblit notre volonté au fur et à mesure de la journée. Il faut savoir que ce n’est pas uniquement la prise de décision qui va vous fatiguer mentalement. Ce que vous ne faites pas peut aussi vous demander des efforts. Par exemple, le fait de résister à l’envie de piocher dans la boite de bonbon posée sur votre bureau utilise aussi votre volonté.

Et plus la journée avance et plus vous avez déjà fait de choix qui ont entamés votre volonté, plus la fatigue décisionnelle se fait sentir. C’est pour cela qu’en rentrant le soir, vous n’avez plus la volonté de choisir le repas du soir, de ranger vos papiers (il faut choisir où..) ou de résister à l’appel du paquet de chips.

Cela explique aussi pourquoi l’option lecture automatique sur Netflix fonctionne si bien. Lorsqu’on est épuisé mentalement, rien que le fait de choisir d’appuyer ou non sur le bouton suivant ou stop peut paraître compliqué. Avec cette option, il n’y a rien d’autre à faire qu’à se laisser porter pour le plus grand bonheur de Netflix qui vous fait voir encore plus de séries.

Les habitudes n’impactent pas la volonté

Par contre, il a été prouvé que les choix que vous faites par habitude ne fatiguent pas votre muscle de la volonté. En effet, comme le cerveau se met en mode automatique dans ces cas-là, il n’a pas à réfléchir et à faire de choix conscient, c’est l’habitude qui prime.

Par exemple, si vous vous brossez toujours les dents immédiatement après votre petit-déjeuner, vous ne vous posez pas la question une fois le petit dej terminé « qu’est-ce que je dois faire maintenant ». Votre cerveau sait très bien que vous allez vous brosser les dents, ce n’est pas un choix, c’est un automatisme.

C’est pour cela que votre cerveau cherche à établir le maximum d’habitudes puisque cela limite les choix à effectuer et donc la fatigue décisionnelle (il est très flemmard je vous rappelle 🙂 ).

Comment combattre la fatigue décisionnelle ?

Combattre la fatigue décisionnelle, c’est donc aussi être capable de faire de meilleurs choix aux moments opportuns. Pour cela, il y a différentes solutions que je vous donne ici :

Réduisez le nombre de choix que vous avez à faire

Quel est le point commun entre Barack Obama, Marck Zuckerberg, Steve Jobs ? Mis à part que ce sont des personnes connues qui ont plutôt bien réussis dans la vie ? Ils s’habillent toujours de la même manière !

Que ce soit The President avec ses deux costumes gris et bleus, Monsieur Facebook avec son t-shirt et son jean ou Steve Jobs avec son fameux pull col roulé noir, ils ont bien compris le concept de fatigue décisionnelle. En s’habillant toujours de la même manière, c’est une décision de moins qu’ils ont à prendre chaque jour au réveil et donc plus de volonté conservée pour le reste de la journée.

Vous n’êtes pas obligée de vous limiter à une seule tenue non plus (personnellement j’en suis totalement incapable !). L’idée est de simplifier les choix simples que vous avez à faire chaque jour en prenant des options par défaut.

Par exemple, vous pouvez déjà décider à l’avance de ce que vous allez porter ou manger en début de semaine. Vous pouvez aussi planifier en amont les différentes activités que vous avez à faire de façon à ne pas avoir à vous poser la question « et maintenant qu’est ce que je fais ? ».

De cette façon, vous réduisez le nombre de choix que vous avez à faire durant la journée pour préserver votre volonté pour les choses les plus importantes.

Adaptez votre environnement

Une autre façon de réduire votre fatigue décisionnelle est d’adapter votre environnement. En effet, comme je vous l’expliquais un peu plus haut, quand vous devez résister à certaines tentations, vous utilisez aussi votre volonté.

Si par exemple vous cherchez à manger plus sainement, modifiez votre environnement de façon à avoir uniquement à portée de main des aliments sains et non pas des bonbons, chips ou autres tentations. Si vous n’avez pas de bonbons à disposition, vous avez peu de chance de vous motiver à vous déplacer dans un magasin pour en acheter, encore moins si vous êtes fatiguée.

De la même manière, en préparant en amont vos affaires de sport, vous évitez de prendre la décision au moment d’y aller. Vu que tout est prêt, vous n’avez qu’à enfiler votre tenue de sport et partir, sans avoir besoin de faire de choix puisque le choix a été fait en amont, ce qui est beaucoup plus facile qu’au moment d’y aller.

Apprenez à lâcher-prise et à déléguer

On a parfois tendance à vouloir tout contrôler pour que les choses soient faites de la façon dont on le souhaite exactement. Sauf que ce n’est pas toujours possible et à force, cela peut créer un véritable épuisement décisionnel.

Il faut donc apprendre aussi à lâcher prise sur certaines décisions et à déléguer certaines tâches et certains choix. Essayez d’inclure les personnes autour de vous dans les choix les plus simples pour ne pas avoir à tout faire. Ce ne sera pas forcément parfait comme vous l’auriez fait vous mais vous aurez évité une décision supplémentaire à prendre dans la journée.

Par exemple si vous êtes du genre à tout organiser à la maison, laissez à votre conjoint ou vos enfants le choix de certains repas ou d’activités du weekend. Déléguez autant que possible vos choix et apprenez à apprécier ce temps de répit pour votre cerveau.

Fixez-vous un délai court pour prendre des décisions

Face à une décision difficile ou face à un choix trop vaste, on peut se retrouver paralysée par le choix.

Pour éviter ça, vous pouvez vous fixer un délai pour prendre la décision. On déclenche le chronomètre et c’est parti ! Pas plus de 30 secondes pour choisir les céréales du matin, 2 minutes maximum pour la tenue du jour etc.. L’idée c’est de créer un sentiment d’urgence qui vous oblige à faire un choix rapidement en écoutant votre instinct.

Une fois le choix effectué, on ne revient pas en arrière, on accepte et on avance. De cette manière, vous ne vous épuisez pas mentalement en prenant de longues décisions. Et en plus avec l’entrainement, vous serez d’autant plus rapide et vous gagnerez du temps au quotidien.

Utilisez le pouvoir des habitudes

Comme je vous l’expliquais plus haut, les habitudes ne créent pas de fatigue décisionnelle puisque votre cerveau se met en mode automatique. C’est d’ailleurs toute la puissance des habitudes puisque vous n’avez pas à faire d’effort mental pour les réaliser.

Ainsi, toutes les habitudes que vous développez sont des décisions en moins à prendre dans votre journée. Par exemple, si vous prenez chaque jour le même petit déjeuner, vous n’avez pas à faire de choix conscient au réveil pour savoir quoi manger, votre cerveau sait déjà quoi faire.

Vous aurez à faire un choix conscient les premières fois où vous aller réaliser votre habitude. Mais avec le temps et la répétition, votre cerveau va automatiser le processus et vous n’aurez plus de choix à faire. Vous pouvez donc grâce aux habitudes vous éviter des décisions chaque jour en les prenant uniquement à l’initiation de vos habitudes.

Pour comprendre plus en détail le fonctionnement des habitudes et surtout comment en créer de nouvelles, je vous invite à lire mon article sur le sujet qui traite de ça en profondeur à partir du livre de Charles Duhigg, le pouvoir des habitudes.

Conclusion

Vous comprenez mieux désormais pourquoi vous avez parfois du mal à faire des choix qui sont pourtant simples. Ce n’est pas de votre faute, c’est juste la façon dont notre cerveau fonctionne. Lorsque vous avez trop de décisions à prendre, votre volonté s’épuise et la fatigue décisionnelle se manifeste.

Heureusement, il existe des moyens de combattre cette fatigue décisionnelle. Que ce soit en adaptant votre environnement, en utilisant les habitudes ou en limitant les choix, plusieurs options sont possibles. A vous d’expérimenter les différentes solutions que je vous ai donné en fonction de l’occasion.

Est-ce que vous connaissiez ce concept de fatigue décisionnelle ? Est-ce que vous sentez qu’elle agit parfois en fin de journée ? Avez-vous essayé mes solutions pour la combattre ? N’hésitez pas à me laisser un commentaire pour me raconter tout ça 🙂

 La flemme de choisir le repas du soir en rentrant du travail ? Craquage sur le paquet de chips après une journée stressante ? Tout ça est lié à la fatigue décisionnelle ! Je vous explique comment ça fonctionne dans ce nouvel article et surtout comment la combattre pour faire de meilleurs choix.
Pour faire passer le mot :

2 commentaires pour “La fatigue décisionnelle, comment la combattre pour faire de meilleurs choix ?

  1. Merci pour cet article ! J’avais entendu parlé de ce phénomène et je l’avais remarqué sans pouvoir mettre de mots dessus. Depuis que j’en ai conscience, j’essaye de mettre en place de nouvelles habitudes.

    Ça fait une grosse différence 🙂

    1. Hello Alex ! Contente que l’article t’ai plu 🙂
      C’est déjà super que tu en as conscience, le plus grand pas est fait ! A partir de là tu peux faire des changements si nécessaire.
      Si tu t’intéresses un peu au fonctionnement des habitudes, tu peux aller lire cet article qui explique le fonctionnement et surtout comment faire en pratique ! C’est un résumé du livre « Le Pouvoir des Habitudes » de Charles Duhigg qui est un expert dans le domaine 😉

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